L’économie de l’OL (4/4) Le Parc OL payé en 4 ans ?

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Le Parc OL, ce « formidable outil », que toute la France nous envie, mais qui est aussi un formidable pari économique qui va être gagné par le club et ses dirigeants. Un investissement de 405 M€, entièrement privé, une première en France, et désormais officiellement une réussite. Mais beaucoup craignent que le club se soit planté un poignard dans le dos et ne puisse jamais rembourser ses dettes, ou que le poids de celles-ci plombe le budget de l’OL pendant des années, ou pire… des décennies. Des craintes qui vont être levées d’ici quelques minutes et la fin de la lecture de cet article… Mais commençons par le commencement…

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LES DÉTAILS DU FINANCEMENT DU PARC OL

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  • Résumé des financements (248,5 M€ d’emprunt à rembourser)

135 M€ de financements propres (50 M€ de trésorerie en 2013, 65 M€ d’une augmentation de capital en 2013 également, et 20 M€ de subvention du Centre National pour le Développement du Sport),

136,5 M€ de prêt « mini-perm », à taux variable, signé en 2013,

112 M€ d’emprunt obligataire, détenu aujourd’hui par Pathé (qui a racheté 80 M€ d’obligations à Vinci) et la CDC (32 M€), et

21,5 M€ d’autres revenus (8 M€ d’une location financière d’équipements avec France Telecom, et 13,5 M€ générés par les revenus d’exploitation, garantis sur les fonds propres d’OL Groupe)

  • Détail des 135 M€ de financement en fonds propres

En 2013, le financement en fonds propre du projet de stade a été décisif, pour faire avancer le projet. La moitié de ce financement en fonds propre est le fruit de l’émission d’OSRANE (obligations), achetées en très grande majorité par les actionnaires principaux d’OL Groupe, c’est-à-dire ICMI (de Jean-Michel Aulas) et Pathé, qui y ont souscrit, renforçant ainsi leur participation future (en nouvelles actions), mais surtout apportant des ressources financières nécessaires à la conduction du projet.

D’ici quelques années, ces obligations se transformeront en actions nouvelles, et renforceront le duopole des deux actionnaires principaux (c’est donc une augmentation de capital différée). Cela n’aura donc pas été une donation inconsidérée de la part des actionnaires, mais bien un investissement raisonné, sur lequel ils espèrent un retour, mais il y a au moins, contrairement à ce qu’on voit dans d’autres clubs, une vision claire des besoins présents et des retours futurs, dans un club comme l’OL.grand-stade-de-lyon_0_660

  • Les autres revenus (21,5 M€) lors de la phase de construction

D’après ce qui a été dit, le club comptait notamment sur des revenus tirés du naming, chose qui n’a pas été obtenue, ce qui a certainement impliqué le recours à la trésorerie du club (et éventuellement d’un crédit que l’on verra plus tard) pour mener à bien le projet dans sa totalité. Il faut bien dire qu’on n’en sait pas beaucoup à propos de ces 21,5 M€…

  • Taux d’intérêt des 248,5 M€ d’emprunts (autour de 7% annuels)

OL Groupe affirme dans les derniers rapports annuels que le taux de financement moyen de ces prêts sera d’environ 7%, sachant que celui de l’emprunt obligataire est fixe, alors que l’emprunt principal est apparemment à taux variable, et moins avantageux… On considèrera que celui-ci « coûte » 10 M€ d’intérêts annuels, alors que l’emprunt obligataire « coûte » 7 M€ d’intérêts annuels, soit un total de 17 M€ annuels d’intérêts.

Ce taux moyen du financement des emprunts a fait dire à JMA à plusieurs reprises qu’un refinancement serait nécessaire au plus vite, une fois le stade en phase d’exploitation, les revenus en augmentation et les indicateurs économiques de l’entreprises favorables à des emprunts beaucoup plus avantageux, lui permettant d’avoir des charges financières énormément réduites en comparaison à celles qui seront payés lors de la saison 2016-17.

  • Durée des emprunts et date de remboursement des emprunts (7 ans, remboursement « in fine »)

Ce sont deux emprunts remboursables « in fine », donc sans remboursement du capital pendant toute la durée de l’emprunt, qui est de 7 ans à partir de cette saison. Cependant, le prêt « mini-perm » de 136,5 M€ inclut des conditions de remboursement anticipé du capital, si le club remplit certaines conditions de trésorerie en particulier, ce qui sera très surement le cas. Il faut dire que ce prêt mini-perm a été le plus compliqué à obtenir (première fois en France qu’un club de football financait son propre stade sur le marché bancaire) et c’est la raison pour laquelle le taux et les conditions ne sont pas à l’avantage de l’OL. L’emprunt obligataire n’a pas été si difficile à obtenir, de par la promesse de rachat de Pathé à Vinci, et la garantie de 40 M€ apportée par la Métropole de Lyon.

  • Début (et date) du paiement annuel des intérêts des emprunts

Il est prévu que le premier paiement commence à partir de la première année d’exploitation complète du stade, soit cette saison 2016/17. On sait que les intérêts de l’emprunt obligataire sont payables au 31 mars de chaque année (1er paiement en 2017 et 7ème -et dernier- paiement en 2023). Il n’est pas clair si les intérêts du prêt « mini-perm » sont payables à la même date. Dans le doute, nous imaginerons que c’est le cas, même si cela n’a pas une importance démesurée à l’heure de prévoir le refinancement.

  • Et le complexe « non-sportif » du Parc OL ?

Un projet qui nécessitera de 100 à 150 M€ supplémentaires d’investissement, selon JMA, mais il semblerait qu’il ne s’agisse pas d’un financement direct de l’OL, mais bien par les entreprises qui seront choisies pour développer puis administrer les différentes facettes du projet (hôtellerie, immeuble de bureaux, centre de loisirs, centre de soins, etc…). Ainsi, dans un des derniers communiqués financiers d’OL Groupe, daté de février 2016, le club annonce qu’il cherchera à vendre des « droits à batir » (et obtenir des « signing fees » en contrepartie), pour que les entreprises concernées et choisies développent les activités proposées, dans le cadre de ce Parc OL.image_1

On imagine que lorsque ces entreprises auront effectué les investissements nécessaires à la construction des infrastructures, et que commencera la phase d’exploitation de celles-ci, ces entreprises paieront une « licence d’exploitation », un loyer, ou reverseront un intéressement sur leurs bénéfices à l’OL (voire plusieurs de ces options simultanément), et contribueront ainsi à la stabilité économique et la santé financière d’OL Groupe. C’est le modèle qui semble avoir été choisi, pour apporter 10, 15, ou peut-être 20 M€ annuels de revenus supplémentaires au budget du club.

  • Autres emprunts en cours, non-liés directement au stade (avec Groupama : une ligne de crédit et un prêt spécifique)

L’OL est en train de terminer la construction du centre de formation (à Meyzieu) et d’entrainement (à Décines). On sait que le coût total de ces 2 projets réunis est de 22 M€, et que Groupama a finalisé un prêt pour cet objectif, en 2014, de 14 M€, tandis que l’OL devait apporter les 8 M€ restants sur ses fonds propres. Ce prêt de 14 M€ est remboursable en 10 ans (2024), soit une charge annuelle de 1,5 ou 1,6 M€ annuels (intérêts et remboursement du capital compris).

L’OL a également obtenu de Groupama un financement de trésorerie, à travers une « ligne de crédit d’exploitation », d’un montant maximum de 34 M€. On sait qu’au 30 juin 2015, l’OL avait déjà « tiré » 17 M€ de ce crédit, qui est remboursable « in fine », au 30 septembre 2017. On imagine que ce crédit a tout de même servi à financer les 8 M€ restants du projet de centre de formation et d’entrainement, et éventuellement à la contratation de l’architecte d’intérieur du stade (entre 5 et 10 M€, selon JMA), pour la décoration en général et surtout dans les loges et salons.

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En conclusion, on comprend que le montant des remboursements sera de 136,5 M€ d’une part (prêt « mini-perm »), de 112 M€ d’autre part (emprunt obligataire), d’un crédit de 34 M€ (de la banque Groupama, remboursable au 30 septembre 2017) qui a permis de réaliser certains investissements complémentaires, et certainement d’environ 18 M€ supplémentaires (entre les pénalités de remboursement anticipé et le surcoût du rachat anticipé d’une partie des obligations, celles détenues par la CDC). Pour un total de 300 M€… Nous n’incluons pas le prêt de 14 M€ de Groupama pour la construction du centre de formation et centre d’entrainement, qui sera payé peu à peu pendant 10 ans, et qui n’influe pratiquement pas sur les comptes…

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COMMENT OBTENIR 300 M€ DE TRÉSORERIE EN MOINS DE 4 ANS ?

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Etant donné que nous ne connaissons pas l’état et le montant de la trésorerie (qui devrait cependant être positif après une saison 2015-16 bénéficiaire), on considérera que l’OL part « de zéro », à partir du 1er juillet 2016, donc une hypothèse sans risque de surestimer les ressources initiales. On se basera sur l’idée selon laquelle le club n’engagera plus de dépenses sur les infrastructures, au contraire de ce qu’il a fait depuis plusieurs années. Infrastructures qui sont d’ailleurs conclues, ou pratiquement terminées, à peu de choses près (centre de formation)… Voici à continuation les stratégies qu’il faudra appliquer pour rembouser le stade en quelques années à peine :

  • Dégager un bénéfice « hors-cessions de joueurs » chaque année (~100 M€ sur 4 ans)

Ce sera déjà le cas lors de la saison 2016-17, pour la première fois depuis de nombreuses années. Ce bénéfice sera d’environ 25 M€. Lors de la saison 2017-18, il devrait être stable, avec une légère augmentation des produits et charges d’exploitation, alors qu’il devrait augmenter les 2 saisons suivantes, 2018-19 et 2019-20, avec de nouveaux revenus générés au Parc OL par le secteur « non-sportif ». Le cumul des bénéfices « hors-cessions de joueurs » sur ces 4 saisons devrait donc être supérieur à 100 M€, ce qui permettrait déjà de couvrir un tiers des remboursements dûs.

Pour cela, il faudra s’assurer de terminer à la 2ème place de L1 durant les 3 prochaines saisons et ainsi assurer les revenus nationaux liés au classement en L1, et surtout les revenus de « droits TV et marketing » associés à la phase de groupe de Ligue des Champions et avoir la possibilité de jouer les tours éliminatoires de la même compétition, ou d’Europa League, en hiver et au printemps, pour un total déjà très proche des 100 M€ annuels. Gagner une ou plusieurs coupes nationales pendant cette période serait également un « plus » financier, de par les montants versés aux clubs vainqueurs. Le « must » étant logiquement d’obtenir le titre de champion au moins une fois dans la période donnée, tant économiquement que sportivement…

Cela implique de maintenir la masse salariale et les amortissements à des niveaux raisonnables, avec une légère augmentation possible chaque année pendant les 3-4 prochaines années, tout en le gardant sous contrôle… A noter qu’un parcours avancé en Ligue des Champions ou en Europa League permettrait de gagner en quelques mois, une ou plusieurs dizaines de millions d’euros, qui aideraient grandement dans cette tâche.

  • Dégager un bénéfice dans les activités de « trading » (~200 M€ sur 4 étés)

L’OL vendra surement 4 ou 5 joueurs à forte « valeur marchande » entre cet été 2016 et l’été 2019 (4 périodes de mercato en 3 ans). Il s’agit d’Umtiti et Lacazette d’une part, de Fékir et Tolisso ensuite, et pourquoi pas Darder également dans 2 ou 3 ans. Le montant total des indemnités de transfert de ces 5 joueurs pourrait monter à 200 ou 250 M€. Etant donné que ces joueurs seraient remplacés, il faudra déduire le montant des indemnités de transfert des recrues pour connaître la différence et le montant du bénéfice net de cette activité de trading.

article_lion-drawn6Si ces 5 joueurs sont vendus (on pourrait encore ajouter 1 ou plusieurs joueurs formés au club) pour un total de 250 M€, et dans le but d’obtenir déjà les 200 M€ de bénéfice de trading, il faudra par exemple remplacer ces 5 joueurs, par des joueurs recrutés pour un montant total maximum de 50 M€, ce qui impliquera d’aller chercher de jeunes pépites encore accessibles, ainsi que des joueurs gratuits, mais aussi de continuer à faire confiance au centre de formation, et voir les jeunes monter dans la hiérarchie… De notre côté, on pense que Lacazette et Umtiti auront besoin de remplacants extérieurs au club (pourquoi pas Mammana et Roger Martínez), mais on espère que Kalulu pourra prendre la relève de Nabil Fékir, et que Kemen ou d’autres milieux de terrain montreront un potentiel de titulaire à l’OL.

Pour aller plus vite vers cet objectif de 200 M€ de bénéfice dans l’activité trading, l’objectif sera également de réaliser des plus-values sur les joueurs recrutés et ceux vendus, en plus de ceux déjà nommés. On calculera la plus-value, en comparant les « prix » d’achat et de vente des joueurs, sans oublier de déduire la valeur résiduelle comptable des joueurs partants (exemple, cet été, la valeur résiduelle de l’actif-Valbuena est de 4 M€), pour ainsi calculer les éventuelles plus-values (ou moins-values). Le club a un gros avantage, étant donné qu’il forme un bon nombre de joueurs (comme cela a été décrit sur ce blog) et en conséquence, les contrats de ces joueurs ne sont pas amortis, au contraire des contrats des recrues « payantes ».

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On comprend donc mieux pourquoi le club est désormais « friand » de joueurs en fin de contrat, comme Morel, N’Koulou, Ben Arfa, et Rybus qui a signé à l’OL cet été. On attend de voir l’évoution de cette stratégie, les futurs résultats financiers probants, pour définitivement stabiliser le club à un niveau économique qui lui permettra de faire partie du Top 20 européen, en espérant aller le plus haut possible…

On observera attentivement la capacité du club à vendre ses meilleurs joueurs au meilleur prix, de manière échelonnée (un par an, maximum deux), pour en profiter au maximum sur le plan sportif et obtenir des bénéfices sur le plan économique, et surtout la manière de les remplacer à moindre coût… On verra également si la stratégie de recrutement de jeunes joueurs avec un gros potentiel (comme joueurs décisifs et comme futur plus-value) continue et se consolide à l’intérieur du club, avec les antécédents de Sergi Darder, et de Mammana, d’ici quelques jours, espérons-le…

Et à partir de 2020, commencer à investir les énormes bénéfices annuels dans des recrutements beaucoup plus prestigieux et qui pourront certainement faire franchir un nouveau palier sportif au club…

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Cette série d’articles sur l’économie de l’OL est désormais conclue, en espérant avoir éclairé quelques lanternes, d’une manière accessible et relativement synthétique (pas toujours!) Le blog repartira sur d’autres sujets et nous referons certainement un point lors de la parution des résultats définitifs de l’année qui se conclut…

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